Quatre ans de création, un verre transparent et une question simple : peut-on bâtir un jeu de gestion où le moteur est un bar ? Retour sur la naissance de The Mix, à quelques jours de SPIEL Essen.

Journal de conception · par Guime, Ruse Games

Quand j’ai commencé à travailler sur The Mix, je ne savais pas que j’entrais dans quatre années de création fluide. Deux mondes que j’aime, les cocktails et les jeux de gestion à l’européenne, se sont rejoints avec une clarté surprenante.

Certains projets résistent, se rebiffent ou obligent à tout reprendre. The Mix a été tout le contraire : plus je l’explorais, plus il se révélait.

Un barman, un carnet et une idée à deux faces

La toute première idée de The Mix n’était ni seulement thématique, ni seulement mécanique. Elle était les deux à la fois.

Dès le départ, j’avais une image très précise en tête : des ingrédients superposés dans un verre transparent, un cocktail qui se construit étape par étape, sous nos yeux. Une mécanique tactile, thématique et lisible au premier regard.

De cette image est née la question qui a guidé tout le projet : peut-on créer un jeu de gestion satisfaisant où le moteur est un bar ?

J’explorais déjà le placement d’ouvriers, les casse-têtes de timing et les chaînes de ressources élégantes. La mixologie, avec ses mélanges, ses améliorations et son rythme, leur offrait un foyer naturel. En discutant avec des amis barmans, l’évidence s’est imposée : la mixologie, c’est du engine-building. Et du récit, du timing, de l’optimisation.

Le jeu savait déjà ce qu’il voulait être.

Croquis au crayon d’une carte Cocktail : points de victoire, verre, recette et ingrédients superposés
Le tout premier croquis : la carte Cocktail et le verre où l’on empile les ingrédients.

Un premier prototype en désordre, une vision limpide

Comme beaucoup d’auteurs, j’adore les prototypes laids. La première version de The Mix était aussi chaotique que possible : des ingrédients en papier de couleur, des shakers découpés à la main, des cartes Cocktail surchargées… et des bouchons de fixatif en plastique en guise de verres.

Pourtant, le jeu avait déjà une âme.

L’idée de construire les cocktails dans des verres transparents n’a jamais changé, d’une version à l’autre, d’un test à l’autre. Le reste s’est assemblé tout seul, couche par couche. Comme un cocktail.

Premier prototype : une carte dessinée au crayon et trois disques de papier empilés
Prototype V1 : des pastilles de papier de couleur, déjà empilées dans le verre.

Une règle d’or

Très vite, un principe a structuré tout le système : chaque action doit soit vous aider à préparer un cocktail, soit rendre votre bar meilleur.

Tout en a découlé. Le placement d’ouvriers pour aller chercher les ingrédients. L’amélioration du bar comme moteur. Les pourboires comme boucle de récompense. La superposition des ingrédients au cœur du jeu. Et les améliorations qui donnent à chaque bar son identité.

Aucune impasse, aucun sous-système abandonné en route : les mécanismes se renforçaient comme s’ils attendaient ce thème.

Carte Old Fashioned du prototype V2 avec une pile de jetons en bois
Prototype V2 : l’Old Fashioned, avec ses ingrédients en bois empilés sur la carte.

La bonne complexité

J’ai pris une décision claire dès le début : The Mix devait rester accessible, gratifiant et fluide. Une idée alourdissait le jeu sans raison ? Je la retirais. Un mécanisme ajoutait de la complexité sans ajouter de plaisir ? Il disparaissait.

Les parties tests ont confirmé cette direction. Les joueurs voulaient des décisions qui comptent, de beaux moments de timing et des combos astucieux, sans être submergés. Résultat : The Mix se situe à peu près au niveau de Wingspan. Facile à apprendre, simple à expliquer, et pourtant riche en casse-têtes de timing, en synergies et en stratégies personnelles.

C’était presque de la sculpture : chaque fois que le jeu devenait plus gros que nécessaire, j’enlevais le surplus pour laisser apparaître sa vraie forme.

Le déclic : l’identité du bar

L’un des moments les plus satisfaisants est arrivé quand l’idée d’identité du bar est apparue. Plus j’affinais le système, plus je voyais les joueurs développer des rythmes et des styles complètement différents :

  • un bar misait sur l’efficacité et la rapidité ;
  • un autre visait les grands cocktails à forte valeur ;
  • un autre utilisait les pourboires comme un carburant renouvelable.

Rien de tout cela n’était forcé : c’est sorti naturellement des mécaniques. Chaque partie devient la découverte de ce que votre bar veut devenir. C’est, pour moi, l’âme du jeu.

De vrais bars, de vraies personnes

Une bonne partie de l’énergie du jeu vient de conversations avec des barmans et des passionnés de mixologie. Pas pour le réalisme à tout prix, mais pour l’ambiance.

L’un de mes plus beaux souvenirs date de SPIEL Essen. Deux barmans, qui avaient vu le prototype, m’ont invité dans leur club, le FACE. On a parlé cocktails, goûté quelques créations, et le lendemain, en me regardant expliquer le jeu, l’un d’eux s’est arrêté pour dire : « Oui… c’est vraiment un jeu de mixologie. »

Cette phrase m’a porté pour la suite.

The Mix aujourd’hui

Après quatre ans de développement, The Mix est un jeu de gestion sur la créativité. Il mêle placement d’ouvriers, construction de moteur et gestion de ressources, récompense la planification et le timing, et chaque élément y sert l’expérience du thème. Une célébration élégante de la mixologie.

On me demande souvent : « Est-ce qu’on peut boire les cocktails qu’on crée dans le jeu ? » Ma réponse : absolument. Le jeu s’accorde très bien avec un verre.

Le matériel final de The Mix : verres transparents, dés Pourboire, jetons Ingrédient, cartes et boîte
The Mix aujourd’hui : verres transparents, dés Pourboire, jetons Ingrédient et la boîte finale.

Et la suite

Certains jeux se battent à chaque étape. The Mix a grandi avec clarté et direction. Il est parti d’un verre transparent rempli d’ingrédients superposés pour devenir un jeu chaleureux sur l’expression, le savoir-faire et la précision.

Et l’aventure continue : des extensions, des modules, des paquets d’ingrédients et de nouvelles identités de bar sont en préparation, toujours dans le même esprit.

J’espère qu’en vous installant à votre bar (pardon, à votre table), vous ressentirez la même énergie créative : le plaisir de mélanger quelque chose d’unique, de bâtir quelque chose qui fonctionne, et de le partager.

Merci de m’avoir lu, et santé !

Guime, Ruse Games

Venez chercher The Mix à SPIEL Essen

Précommandes ouvertes : The Mix à SPIEL Essen, du 22 au 25 octobre 2026, Hall 4, stand 4.E400

La précommande SPIEL Essen 2026 de The Mix est ouverte. Récupérez votre exemplaire directement au stand Ruse Games, Hall 4 · stand 4.E400, du 22 au 25 octobre. L’édition vendue au stand est bilingue anglais/français.

Offre EUR USD CAD
The Mix – Édition Premium 90 € 100 $ US 145 $ CA
The Mix – Bundle Premium 120 € 135 $ US 195 $ CA

Prix officiels fixés par Ruse Games.

Précommander pour Essen

Cette précommande Essen est une offre distincte : elle n’est pas liée à la livraison des contributions Gamefound.

The Mix est en nomination pour « Artwork of the Year » aux Gamefound Awards. Si l’illustration vous a plu, votez pour nous : la remise a lieu à Essen.

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